Deux mille treize : une année en toutes lettres



Dernière complainte 

   Un petit message de fin d'année s'impose en ce 31 décembre 2012. A l'heure où les préparatifs pour le réveillon du jour de l'an se manifestent par des tirs anticipés de fusées et quelques détonations encore timides, moi je rédige un dernier article en pensant sérieusement de quoi sera faite l'année 2013. Plus de nouvelles histoires, plus de lecture, plus d'articles ou peut-être les trois à la fois. Je ne demande que ça. Faire évoluer mon blog pour plus de contenu voire élargir les thèmes de mes publications, je ne suis pas sûr, en l’occurrence m'approcher au plus près de la littérature en participant à de nouveau concours et autres appels à textes, surement. L'essentiel étant de conserver cet élan de motivation, celui qui m'a permis de découvrir l'écriture et de créer ce blog. 

   Dehors il se passe des choses encore plus surprenantes que l'essence même de mes histoires (que d'ailleurs vous pouvez toujours lire ou relire ici si le coeur vous en dit) des gens vont et viennent, s'affairent tels des automates, se disent des choses dans le creux de l'oreille et se font des frayeurs irrationnelles en évoquant ce cher thème qui nous colle à la peau : la fin du monde. Quand d'autres pensent déjà à Noël prochain, oubliant par la même occasion toutes les obligations et les contraintes qu'il sera amené à faire et à vivre pour en arriver à nouveau jusque là. Notre cerveau faisant des bons dans le temps avec autant de facilité qu'un chimpanzé pour se déplacer de branches en branches. Tout comme ces pensées mélancoliques qui s’abattent sur nous et qui nous narguent en balayant successivement notre motivation et notre fierté. Pas sûr que l'on ait vraiment le temps de penser à tout ça. Quoi qu'il en soit les histoires, elles, sont là pour nous faire oublier en partie, la routine, la réalité pas toujours luxuriante et la pénible journée que l'on vient de vivre. Je tâcherai donc de continuer à nourrir mon esprit de prose, de vers et d'en retranscrire numériquement une partie sur ce blog. 

Quelques liens

   Le trafics sur mes pages ayant considérablement augmenté depuis deux mois, je ne peux que prendre ça comme une sorte de récompense. L'échange de bons procédés avec d'autres blogueurs m'ayant surement permis d'atteindre un nombre de visite honorable  il serait ingrat de ma part de ne pas les mentionner. Je vous invite donc à vous rendre régulièrement sur les blogs suivants afin d'y lire des articles de qualités : 

rsfblog

- thibaultdelavaud

- ansible

- dravensworld

   Et pour faire une transition intelligente avec ce dernier blog voici trois annonces tout à fait intéressantes pour l'année qui vient. Quatre films de science-fiction fortement alléchants pour qui n'est pas insensible aux beaux effets spéciaux, aux évènements "post-spatio-coloniaux" et aux combats de titans. L'année 2013 est faite de bonnes promesses. 


- "Star Trek Into Darkness" de J.J. Abrams
- "Oblivion" de Joseph Kosinski
- "After Earth" de M. Night Shyamalan
- "Pacific Rim" de Guillermo del Toro

Merci à toi Draven !

Free Hug

   Bon finalement nous ne pouvons pas savoir à quels évènements majeurs sera rattachée l'année 2013, nous ne bénéficions pas encore de dons assez puissants pour pouvoir lire dans le futur. Nous n'avons pas encore de précogs dans nos baignoires, les industries automobiles ne fabriquent pas encore de Delorean avec convecteur temporel de série et les mayas ont plus d'impact sur notre belle France que notre cher président. 
  
   Ce dernier billet n'est ni là par hasard ni là pour remplir une case vide. Il se complaît juste de son existence et les questions métaphysiques lui importent peu. Finalement, tout ce qui doit s'en dégager, hormis le fait qu'il tient tout de même à prouver son existence, c'est qu'il a aussi pensé à vous souhaiter ses meilleurs voeux. S'il y a bien un jour de l'année où (quasi) le monde entier se retrouve pour faire la fête et qui se contrefout éperdument de quel côté se lèvera le soleil le lendemain, c'est bien aujourd'hui !

            
 Mes meilleurs voeux et une bonne année 2013 ! 

La Fin du Monde, de la science-fiction ?

This is the end
   
   Ça y est, ça approche, c'est la fin. L'apocalypse n'est vraiment plus très loin. Elle nous a littéralement enrobé, du haut du crâne au bout des orteils. Elle ne peut plus se passer de nous et nous d'elle. Comme si nous vivions en symbiose depuis plusieurs années et que la vie avait un nouveau synonyme : la mort.



   Ayant depuis quelques semaines atteint des records de trafic sur un article que j'avais rédigé fin août et intitulé "Décadente Apocalypse", je me permets d'en refaire une tartine. Il est surtout intéressant de constater à quel point ce sujet est devenu transparent au sein de la société et qu'en arrière plan, l'individu seul et une fois installé sur sa chaise de bureau, se permet tous les "mots clés" possibles et inimaginables concernant cette fatidique date du 21 décembre : alignement des planètes, fin du monde , abri antiatomique etc. 
   Même si le sujet reste très discret, surtout lors d'une éventuelle discussion entre deux amis, force est de reconnaître qu'il n'est pas encore tout à fait démodé en ce qui concerne son exploitation au sein des médias "internet" et télévisuels. Moi-même étant le premier, de part la présence de cet article, de profiter d'une valeur rendue sûre grâce à internet, pour attirer un certain public dans la toile d'araignée de mon blog. Profiter des bonnes choses n'est pas un acte répréhensible, tant qu'une certaine éthique est conservée. 




Hold your breath and count to ten
   
   Je ne compte pas remuer le couteau dans la plaie, l'aspect technique ayant déjà été traité dans le précédant article sus-nommée. Je ne suis non plus pas là pour dire qui a tort et qui a raison, je pense que chacun est totalement libre de faire la part des choses. Pour certains d'ailleurs ce sera l'instinct de préservation, pour d'autres, juste de la peur et pour la majorité d'entre nous une ineptie sans nom. 
   J'ai récemment été surpris par l'intervention d'un auditeur sur une émission radio que je ne nommerai pas (qui commence par "grosses" et fini par "têtes") qui, de manière totalement légère et convaincue racontait comment il lui était venu l'idée de construire un abri antiatomique dans son jardin en y détaillant ses recoins et son utilité. 


Fallout shelter


   L'abri faisait - selon ses dires - quelques huit mètres carrés de superficie dont environ les deux tiers de l'espace étaient habitables. Six couchettes superposées par trois d'un côté et quelques étagères de l'autre, un système de ventilation et une réserve de nourriture pour trois semaines à un mois si je me souviens bien. Pas de quoi fouetter un chat, car on est loin de la base souterraine américaine ou de la Batcave. Mais ce monsieur avait réussi le pari de réunir assez d'argent pour lancer son projet et de rester suffisamment crédule pour le finir. Car il lui aura quand même coûté la bagatelle de 30.000 Euros. M'enfin, je ne juge pas, croyez-moi. Au bout du compte n'est-il pas naturel de se protéger et protéger sa famille. Dans le pire des cas, si ta famille te prend aussi pour un fanatique illuminé, il ne te restera plus qu'à  t'enterrer vivant et à retenir ta respiration en comptant jusqu'à dix en attendant que je-ne-sais-quoi passe : radioactivité, hiver nucléaire.
   Point d'ironie, car si cela devait vraiment arriver, en écartant le pourquoi du comment, ces gens-là auront d'une certaine manière anticipé l'imprévisible. Si tel est notre destin, une partie aura au moins réussi à se préserver, c'est ainsi que fonctionne le monde. 


Feel the earth move and then ...

   En attendant, beaucoup d'enfants ont déjà commandé leurs cadeaux de Noël, les calendriers de l'Avent vont bientôt ravir les gourmands et les lumières envahissent les rues, nous faisant oublier un court instant : la crise économique, le coût des énergies fossiles et la fin des temps. Le système est bien huilé et ce n'est pas une prédiction de plus qui fera la différence. En même temps il serait vraiment inconfortable de vivre constamment dans la peur,   se terrer chez soi en attendant le décompte funèbre ne ferait que précipiter l'arrivée de la Mort dans votre chaumière, avec un peu de chance elle pourra même s'inviter par la cheminée vous ôtant le privilège de pouvoir assister à la carbonisation des muscles fessiers de Santa Claus. 
   La fin du monde, fait ou science-fiction ? On le saura bien assez tôt. En attendant, ne changez pas vos habitudes, ressentez le mouvement perpétuel de la Terre, d'ailleurs comme disait mon père : Tant que la Terre tourne ... 

Le cycle d'Ender (4/4) : Les enfants de l'esprit

Garanti sans spoilers

Partie 3 : Xénocide



Peter et Val



    Ender n'avait à aucun moment pu anticiper ce qui arriverait lorsqu'il voyagea pour la première fois plus vite que la lumière. Au moment ou Jane, l'intelligence artificielle née du réseau philotique sur lequel sont branchés les ansibles des cent planètes, envoya pour la première fois un vaisseau dans le Dehors afin d’expérimenter le voyage supraluminique, Ender se retrouva nez à nez avec les doubles de son frère, mort depuis longtemps, et de sa soeur, beaucoup plus jeune. 

   Leur apparition fut sans équivoques et côtoyer Peter et Val devint une obligation pour tout le monde. Le plus dur était sans doute pour Valentine, elle qui devait maintenant supporter la compagnie d'un ersatz, d'une copie sensiblement plus jeune, plus belle et plus pimpante. 
   Peter, lui n'avait pas changé. Bien qu'il ait lui aussi retrouvé la jeunesse, il n'en demeurait pas moins agressif envers Ender et pouvait largement compter sur son animosité intrinsèque pour se faire haïr de toute la populace. Ender allait devoir les utiliser avec intelligence, ce n'est pas parce que Peter et Val suscitaient maintenant l'aversion qu'ils ne pouvaient pas être utiles au plan que les Lusitaniens devaient mettre en place pour sauver leur espèce. 


Le petit docteur

   La flotte stellaire se rapprochait rapidement et serait bientôt prête à faire feu pour détruire Lusitania, la Descolada et désintégrer tout être vivant n'ayant pas eu le temps de prendre la fuite. Car, c'était bien ça, le plan d'Ender, fuir Lusitania en utilisant le voyage supraluminique développé par Jane en emportant un maximum d'humains, de doryphores et de piggies aux confins de la galaxie et de repeupler des planètes viables découvertes au préalable. C'est précisément ce dont sera chargée Val : l'exploration de planètes. Tandis que Peter de son côté devra se rapprocher au plus près du congrès stellaire afin de trouver des personnes influentes dans le but de rapatrier la menaçante flotte lourdement armée qui fonce sur eux.
   
   Le petit docteur, quant à lui, est un désintégrateur moléculaire qui pourrait réduire Lusitania en poussière en deux coups de cuillère à pot. Évacuer la planète le plus vite possible et construire encore plus de vaisseaux capables de tenir dans le Dehors afin voyager plus vite que la lumière sont les mots d'ordre d'Ender. Ce sont les doryphores, maîtres en matière de constructions spatiales qui seront chargés de l'élaboration de ces nouveaux bâtiments. Et c'est tout en comptant sur l'intelligence et la sagesse des Arbre-pères, la troisième vie arboricole des piggies dont la symbiose est l'oeuvre de la Descolada que les Lusitaniens mettront tout en oeuvre pour préparer la grande exode. 



'La vie est une mission suicide'



   Les enfants de l'esprit (Children of the Mind) achevé en 1996 est édité en 2000 aux éditions "j'ai lu". Si chaque tome de la série devait avoir une identité celui-ci serait représenté par la philosophie. La discontinuité du ton narratif est vraisemblablement le point fort de Card, on ne s'ennuie jamais et le texte s'enrichit page après page. Même si je crois avoir souligné à plusieurs reprises les quelques longueurs dont souffre cette série, elles ne sont généralement pas interminables car Card nourrit par bribes, le lecteur, de descriptions technologiques, de phrases philosophiques et de situations intensément humaines. Cette fine approche théâtrale fait de ces oeuvres une série extrêmement émouvante pour peu qu'on soit sujet à l'amour et à l'empathie. 
   Une fois cette quadrilogie achevée, il demeurait en moi une forte envie de me nourrir encore et encore de cet univers, de ces personnages et de cette écriture inventive, métaphysique et sans tabous. 
  


Qui a dit que c'était fini ?

   Le quatrième et dernier opus du cycle d'Ender aux éditons "j'ai lu". ce qui évidemment ne veut pas dire qu'il s'agit là du tout dernier roman de Orson Scott Card nous racontant l'univers dans lequel évolue Andrew wiggin le porte-parole des morts. 
   Car d'un côté se situe deux romans, A War of Gifts (non traduit) mais disponible en version originale et Ender l'Exil parut en juin 2010 aux éditions l'Atalante (collection La dentelle du cygne) que l'on ne peut pas vraiment qualifier de suite au sens propre - bien que chronologiquement ils ont été écrits postérieurement - mais qui font néanmoins partie du cycle d'Ender.
   Et d'un autre côté se situe La saga des ombres, le cycle parallèle à La stratégie Ender qui peut se lire avant ou après ou indépendamment et qui est composé de cinq nouveaux tomes dont quatre traduits de l'anglais pour le moment :

- La stratégie de l'ombre, (1999)

- L'ombre et l'Hégémon, (2000)

- Les Marionnettes de l'ombre, (2002)

- L'ombre du Géant, (2005)

- Shadow in flight (2012)

- Shadow Alive (en cours)

   Orson Scott Card est un auteur qui est loin de prendre sa retraite et dont la bibliographie me réserve encore bien des surprises.


Quoi d'autre ?

    Sachez enfin qu'il existe une adaptation du cycle d'ender (Ender's Game) en bande-dessinée publiée chez Marvel Comics, mais qui malheureusement n'a pas encore été traduite, mais dont les numéros peuvent se trouver en plusieurs endroits. Mais le plus intéressant (ou pas) serait évidemment son adaptation cinématographique.    
   Adaptation qui a déjà fait pas mal de mousse sur internet, entre les fausses bandes-annonces (comme celle-ci : Ender's Game Movie Trailer) et les interviews de Card sur le sujet, il y a de quoi jaser pour le moment. Tout comme il y a quelques années avec l’éventuelle adaptation de 'Rendez-vous with Rama' de Arthur C.Clarke par David Fincher et Morgan Freeman qui est avec le temps est devenue une sorte de chimère médiatique. 
   Quoi qu'il advienne et en attendant de potentiels dérivés d'Ender et de sa petite famille, je ne pourrais que vous conseiller de lire et de relire cette magistrale saga qu'est le Cycle d'Ender. Car tout ce que vous avez pu lire sur mon blog jusqu'ici la concernant, n'est qu'une infime partie de ce qu'elle a réellement à vous offrir.

Le cycle d'Ender (3/4) : Xénocide

Ganranti sans spoilers

Partie 2 : La voix des morts




Nouvelle planète, nouveaux horizons ?



   Le troisième tome du cycle d'Ender est marquant pour plusieurs raisons. La première, la plus évidente concerne son épaisseur - presque six cents pages au format poche "j'ai lu" - qui pourrait en rebuter plus d'un. Surtout ceux qui auraient noté quelques longueurs dans le précédant volume. 
   La deuxième raison étant que l'histoire débute directement, sans préface aucune, sur la jeunesse d'un tout nouveau personnage, une jeune chinoise se prénommant Han Qing-jao et évoluant sur la planète de la Voie. Ce qui en fait un prélude assez déroutant de prime abord mais cette courte introduction permet de manière intelligente de mettre en place et en scène cette toute nouvelle recrue dans une parallèle totalement différente de l'histoire jusque-là racontée.
    La troisième raison et pas des moindres fait référence à l'omniprésence de la religion dans cette partie du Cycle d'Ender. Déjà bien présente dans La voix des morts, elle est ici exploitée de manière beaucoup plus intense par cette petite Qing-jao qui ne vit que pour une seule chose, ravir les dieux ou plutôt, ne pas les décevoir. 
   En effet n'ayant au préalable pas rédigé de biographie de Card, il n'est nulle part mentionné dans mes articles que l'auteur est de confession mormone et qu'il se complaît à créer une science-fiction plutôt humaniste et initiatique. Mais la pratique de rituels salvateurs et autres divinités qui y sont représentées ici ne sont en aucun cas du prosélytisme ou du matraquage spirituel. Ce méli-mélo de croyances diverses qui paraphent ce volume accompagnent à merveille le déroulement de l'histoire qui puise son énergie et son exotisme dans les voyages et les missions que Card a pu réaliser à titre personnel ou pour sa paroisse.





Ménage à trois

   Pendant ce temps sur la planète Lusutania, à laquelle Ender le porte parole de morts s'est maintenant complètement attaché. Au point d'en avoir fait son nouveau pied-à-terre. Trois races sont prêtes à cohabiter ensembles : les piggies, les doryphores et les humains. Mais la menace de la flotte interstellaire est toujours présente et comme si ça ne suffisait pas, la descolada, organisme microscopique qui donne aux piggies le privilège de la troisième vie se révèle être en fait un terrible virus qui ne doit en aucun cas quitter Lusitania. La flotte est maintenant prête à faire feu pour éradiquer l'un des dangers les plus menaçants pour les cent planètes depuis Ender le Xenocide : un virus mutant. 
   Très vite rejoint pas sa soeur Valentine, Ender et les Lusitaniens vont devoir trouver un moyen de sauver en même temps la planète et ses occupants, piggies et doryphores et de se sauver eux-mêmes du petit docteur (missile destructeur de planète) et du terrible virus incontrôlable, la descolada.


Qing-jao, Glorieusement Brillante 

   Sur la planète de la Voie Han Quing-jao à maintenant sept ans. Son père Han Fei-tzu, élu des dieux s'apprête à lui faire subir une épreuve. Elle qui, pour la première fois de sa vie entend les dieux au plus profond de son être, doit maintenant passer un test, résoudre un problème bien plus important que ceux liés à sa propre personne. Et c'est enfermée dans une pièce, les mains pleines de graisse qu'elle va devoir se laver, se purifier, avec comme seul élément allié, la foi.
  Quinj-jao ne connait pas Ender personnellement mais comme tout habitant des cent planètes, connait son existence. Tout le monde connait Ender le Xénocide. Le sauveur de l'humanité, l'exterminateur de doryphores et l'auteur du livre saint : La reine et l'hégémon
   Et c'est depuis sa chambre, sur la Voie, dont les seyantes rainures du plancher qui lui permettent de se repentir (1 ère couverture), que Qing-jao enfermée du monde extérieure apprendra, se renseignera et cherchera à déceler les secrets si bien protégés par Ender et ceux qui se cachent sur Lusitania. Arrivera-t-elle à trouver un compromis, elle qui ressent le besoin de sauver Lusitania, de connaitre Ender et de satisfaire les dieux ? 


Saint opéra

   Dans Xénocide, le ton est à la dramaturgie, à la tragédie Grec. Les dialogues sont éloquents, les situations inéluctables et les personnages ont du caractères. Card produit ici une suite dont l’intérêt de lecture est presque doublé. Il n'écrit pas une suite de manière à pouvoir boucler la boucle mais il surenchérit abusivement le scénario et nous rappelant çà et là des éléments du  premier et deuxième tome tout en brodant de nouvelles pièces. Parfois peut-être un peu trop, car ce volume n'arrive toujours pas à camoufler les quelques griefs qui font défaut à ses confrères. 
   Néanmoins, l'écriture est produite avec beaucoup plus de recul, que ce soit concernant le choix des personnages, que de la religion elle-même. Ce court extrait vous permettra de situer cette dernière au sein du roman : 

'Donc beaucoup d'entre vous sont en train de devenir chrétiens. De croire au dieu que ces humains ont apporté avec eux'
'Vous ne croyez pas en Dieu ?'
'La question ne s'est jamais posée. Nous nous sommes toujours souvenus de nos origines.'
'Vous avez évolué. Nous avons été crées.'
'Par un virus.'
'Par un virus que Dieu a créé pour nous créer.'
'Alors vous êtes croyant, vous aussi.'
'Je comprends la croyance.'
'Non - vous désirez la croyance.'
'Je la désire assez pour me comporter comme si je croyais. C'est peut-être cela, la foi.'
'Ou la folie volontaire.'
Xenocide, jai lu, 1995


La suite du cycle d'Ender dans le prochain article

Le cycle d'Ender (2/4) : La voix des morts

Garanti sans spoilers

Partie 1 : La stratégie Ender 


Le xénocide



    Ender Wiggin surnommé Ender le Xénocide, pour avoir sauvé la race humaine en exécutant, dans la précipitation et la manipulation jusqu'au dernier, toute la race des doryphores qui menaçait de mener une offensive contre la terre avait pris soin de rédiger deux livres. L'un racontant cette infamie, l'autre racontant la vie de son frère, Peter, devenu alors l'Hégémon de la planète Terre. Il les intitula "La reine et l'Hégémon"Mais malheureusement le petit garçon, autrefois admiré pour son intelligence et sa fragilité était maintenant craint tel un monstre indomptable et perfide. 
   
   Mais rien de tout cela n'était réellement applicable en ces temps, car 3000 ans s'étaient déjà écoulées depuis le Xénocide mais Ender était toujours là, et peu de gens le savait.
   Après la grande bataille qui mit un terme à la menace des  doryphores, Ender dut faire face à l'écrasante réalité de son acte et réalisa de quelle cruauté il a été capable. Mais il ne s'en rendit pas compte de lui-même, un dernier oeuf de doryphore, une reine était là, enfuie sur leur ancienne planète maintenant ravagée par les explosions. Quand Ender l'a prit dans ses mains, la reine s'adressa à lui comme si le meurtrier était subitement devenu le sauveur. Après quoi il endossa le rôle de porte-parole des morts.  
   
    C'est ainsi que commença le voyage d'Ender, accompagné de sa soeur Valentine et de la reine des doryphores (l'oeuf). Il passa vingt-six ans de sa vie à pérégriner, en quête d'une nouvelle demeure pour les doryphores parlant les morts des cent planètes, cherchant le salut de son âme dans cette longue mission de sauvetage. Il acheva son voyage sur une planète nommée Trondheim. 3000 ans s'étaient écoulées autour de lui, paradoxe de la relativité du temps dans l'espace quand l'on voyage à des vitesses quasi-luminiques. Ender est maintenant devenu une légende et ses histoires des livres saints, mais toujours pas de planète en vue pour sauver les doryphores.




Lusitania

   A des années lumières de là, sur la petite planète appelée Lusitania, des colons évoluent au rythme des recherches et des expériences menées sur la faune et la flore. Mais ils ne sont pas les seules êtres intelligents à vivre sur Lusitana. D'autres êtres, ressemblant à des petits cochons vivent dans la forêt non loin de Milagre. Ils semblent plutôt primitifs, mais chantent, construisent des maisons et parfois s'adressent aux arbres en faisant des bons et des pirouettes. Mais un jour les recherches tournent mal, un meurtre puis un deuxième. 

   
   Le nom du porte-parole des morts est alors mentionné et Ender intercepte un message lui demandant de se rendre sur Lusitania pour parler les morts ; deux chercheurs qui avaient été sauvagement assassinés par les Piggies ; Pipo et Libo, des xénologues. 
   
   Mais au centre des cent planètes, un danger beaucoup plus gros menace Lusitania : le congrès stellaire. Car quand celui-ci apprend par le biais des ansibles que les piggies ont assassiné des humains, ils envoient une flotte stellaire dangereusement armée en direction de Lusitania. 

 Un deuxième xénocide est-t-il sur le point d'arriver ? 


Et alors ?

   Ce qui fait la force de ce deuxième tome c'est le ton dramatique qui nous est d'emblée imposé. Un réseau complexe de dramaturgie et de nouveaux personnages fortement attachants. Les situations et les points de vues diffèrent totalement du premier livre, car nous avons là droit à trois angles différents. Fini le cheminement claustrophobe d'un apprenti militaire enfermé dans une boite pressurisée aux confins du système stellaire. Dans La voix des morts nous avons définitivement les pieds sur Terre ; enfin sur Trondheim et Lusitania.
   
   Si l'introduction peut sembler un peu complexe, elle s'étale sur plusieurs chapitres ainsi Ender met un bon quart du roman à se décider de donner suite au message qu'il reçoit de Lusitania. Mais il ne décidera pas de son avenir tout seul ...
    
   Les petits Piggies vivants sur Lusitania sont vraiment les personnages charnières de cette suite, car toute l'intrigue repose sur eux. Et le génie de Card est de présenter cette race, les pequeninos (piggies étant péjoratif) comme une espèce primitive, attendrissante et très curieuse, en créant un vrai lien d'affectuosité avec le lecteur et de renverser la situation en une fraction de seconde en leur distribuant un nouveau rôle, celui d'un meurtrier. On ne sait très vite plus où se placer quand le scénario virevolte de cette manière. Heureusement Ender est là, ce personnage que l'on connait maintenant très bien et qui représente à lui tout seul une grande partie de la bonté humaine : l’altruisme, la sagesse, la justice et la bravoure ... le xénocide. Et même s'il émane encore de lui une certaine fragilité, il reste un personnage sur lequel l'on peut aisément se reposer tout au long de l'histoire ; une sorte de grand-frère. 

  Parut en 1986 et récompensé par le prix Hugo, La voix des morts prolonge de manière ingénieuse La stratégie Ender. Une profonde analyse d'un personnage tiraillé entre la bien et le mal, la vie et la mort, la survie et le xénocide ? 


La suite du cycle d'Ender dans le prochain article.

Le cycle d'Ender (1/4) : La stratégie Ender

Card le Faiseur

   Je voudrais vous parler d'un auteur de science-fiction que j'affectionne particulièrement et que je considère comme un très grand écrivain contemporain : Orson Scott Card. Après avoir bouclé les quatre tomes de sa célèbre saga intitulée Le Cycle d’Ender, je me devais de faire un article à ce sujet. Que ce soit pour en critiquer les différents aspects, bien que je ne sois pas sûr d'être très doué dans cet exercice, ou dans l'unique détermination complètement gratuite - car totalement objective -  de vous donner envie de lire cette longue saga qui n'a maintenant plus de secrets pour moi et pour tous ceux qui, j'espère, privilégie le Space-opera aux ballets de la renaissance italienne. 


O comme opéra

   Mais tout d'abords, le Space-opera, Kesako ? Et bien c'est un sous-genre de la science-fiction dite traditionnelle. Elle se caractérise par un aspect totalement dépaysant, exotique car, en général l'histoire se déroule très très loin dans l'univers (in a galaxy far far away). La saga "Star wars", pour ce qui est du cinéma, représente à elle seule ce style particulièrement riche en action, en dramaturgie, un monde où il faut parcourir en général des années lumières en hyperespace pour aller parler à son avocat, ou pour aller chez son coiffeur. Un univers où les conflits politiques sont permanents et où la complexité des relations entre les personnages (qui se comptent en général par paquets de douze) impose un style de scénario totalement théâtral. Evidemment le style visuel du space-opera est beaucoup plus édulcoré que son homologue littéraire. 
   
Oui, car l'écriture laisse bien souvent beaucoup plus de place aux dialogues qu'aux batailles spatiales et les voyages interstellaires se font beaucoup plus rares, car soit les ressources énergétiques manquent cruellement soit l'auteur les sacrifie volontairement dans le but de ne pas trop disperser le point de vue du lecteur. Bien sûr cela ne se présente pas de la même manière tout le temps. Je mets seulement l'accent sur le fait que le space-opera dans sa version littéraire est beaucoup plus lente et réfléchie qu'il n'y parait. Cette dernière phrase définit à la perfection le cycle d'Ender.


La stratégie Ender


La stratégie Ender

   Le premier tome La stratégie Ender (Ender's game) écrit en 1977 sous forme de nouvelle est apparu dans son intégralité en 1985. Il présente Ender de son vrai nom Andrew Wiggin durant sa jeunesse et met en avant sa fragilité mentale et physique qui ne fait qu'empirer en présence de son tyrannique grand frère Peter, mais qui trouve parfois du réconfort chez sa grande soeur Valentine. L'on pourrait considérer dès le début de l'histoire que Peter et Valentine représentent de la meilleure manière qui soit sa bonne et sa mauvaise conscience, mais en réalité ils ont bien plus d'influence sur lui que ses propres pensées.   
  
 L'histoire débute réellement quand Ender intègre l'école spatiale. Il n'a vraisemblablement pas été sélectionné au hasard, car on comprend très vite que tous les espoirs ont été placés sur lui. Son intelligence et son ardeur font de lui un élève particulièrement important. Alors qu'Ender s’entraîne à l'école militaire un vrai danger se prépare, les doryphores (êtres insectoïdes intelligents)  risquent de mener une offensive à tout moment. 
  
 Le plus court des quatre tomes de la saga mais certainement le plus populaire. Sa fin est magistrale et complètement inattendue. Ender nous apparaît être un personnage compliqué et manipulateur, mais en réalité on est loin du compte. L'histoire est bien rédigée et les marquages sont nets ; les motivations des haut-placés se dévoilent au fur et à mesure, à chaque début de chapitre et de façon très intelligente (cela sera la marque de fabrique de Card pour la suite). Malheureusement il y a quand même pas mal de longueurs. Tout le passage à l'école de guerre est redondant, bien que nécessaire à l'adoption du personnage d'Ender, il y a quelques lourdeurs à répétition. L'apprentissage aux combats spatiaux redouble de génie, mais au bout de la dixième rencontre entre les armées estudiantines, il était inutile d'en décrire encore les principes et les règles. Étendre une nouvelle d'une trentaine de pages à plus de trois cents cinquante pages n'est jamais facile et cela se ressent dans ce premier volume. A part ce petit défaut l'histoire reste cohérente, intelligente et pleine de valeurs. L’évolution d'Ender dans les différentes armées le rend de plus en plus fort et alerte, car une lourde tâche l'attend aux confins de l'espace.  
   
   Pendant ce temps son frère et sa soeur, restés sur Terre se font passer pour Démosthène et Locke sur le réseau. Manipulant tour à tour l'opinion publique dans le but d'inverser la tendance et d'influencer le système politique. Un contre-pied fortement agréable qui font de ces personnages l'une des clés les plus importantes de la saga. 
   
   Le style d'écriture de Card est particulièrement addictif. Ses descriptions technologiques malheureusement peu présentes dans ce volume font de lui un écrivain érudit et contemporain. Card a pour particularité de donner le rôle principal à des enfants fragiles, manipulés, mais dont le cheminement initiatique révèle au fur et à mesure en eux une sagesse démesurée, La stratégie Ender le prouve. Et ses suites vont mettre en place un univers encore plus riche et captivant. 


Partie 2 : La voix des morts 

Appel à texte : "Compte à rebours" Resultat

   Après quasiment deux mois d'attente les résultats de l'appel à texte organisé par "Les songes du crépuscule" sont tombés. Et je dois dire que je suis plutôt fière de moi en ce qui concerne le classement. Ma nouvelle "Le choc" publiée en cette heure, est affichée dans les cinq premiers pour les trois commentaires différents composés par le jury des Songes. Mon histoire n'a pas fait l'unanimité, mais a au moins donné un sens à ce concours en intéressant le jury pour plusieurs aspects différents. Je suis assez d'accord avec l'ensemble des remarques même si, il n'y a qu'un seul commentaire qui me semble vraiment pertinent, car beaucoup plus développé que ses voisins. Se contenter de deux phrases englobant les plus et les moins après un moi et demi de lecture et de concertation cela me semble un peu léger. Quoi qu'il en soit je remercie Siel "L'ancêtre à l'encre de Chine" et tous ses acolytes de faire vivre la littérature SFFF de cette manière. 

   Voici le classement et les commentaires, il y avait en tout dix nouvelles, seules cinq ont été classées. Rendez-vous ici pour lire ma nouvelle. 



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Le choc
Jusqu'au deux tiers j'ai trouvé ce texte assez bon mais la fin a gâché mon plaisir. La tirade de l'IA est ratée et trop simpliste. Un peu de travail peu facilement l'améliorer.


Classement :
1 Au vent en emporte le temps
2 A rebours
3 Viande fraiche
4 Le choc
5 Village parfait


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Choc
+: excellente idée de départ avec un déroulement captivant
- : pas de gros défaut


Mon classement :
1- choc
2- Souhait de temps
3- Phobie
4- A rebours
5- Cours

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Le choc - 4

Cette nouvelle est un peu obscure sur toute sa première partie car les
explications n’arrivent que très tard (pratiquement à la moitié
de la nouvelle). En revanche, dès qu’on sait de quoi il retourne,
la tension de la partie est bien rendue, même pour quelqu’un qui
connaît aussi peu le jeu d’échecs que moi, et l’ambiance ainsi
que les décors sont bien décrits.

J’ai trouvé que les dialogues manquaient un peu de naturel et de fluidité
(en fait, Artyom s’exprime exactement comme la machine, alors qu’il
est censé être son antithèse en tant qu’humain), mais les
réactions de la machine sont intéressantes et son « humanisation »
est une excellente idée.

Sur la forme : quelques tournures maladroites et problèmes de
concordance de temps ainsi que quelques coquilles sont autant de
choses qui m’ont sortie de ma lecture.

Enfin, la chute m’a laissée sur ma faim. Tout d’abord parce qu’il ne
se passe « rien » physiquement, au milieu de tous ces
gens, malgré l’énormité de l’annonce de la machine (personne
ne cherche à vérifier si la machine dit la vérité, en allumant
une télé ou en passant un coup de fil ni rien de ce genre.
Pourtant, même s’ils sont dans leur bunker, ils doivent avoir des
relations avec l’extérieur, sinon ils n’auraient pas pu faire
venir des joueurs si longtemps). Le second point qui m’a étonnée
est : et après, quoi ? Quelles sont les conséquences de
ce second choc ? Que se passe-t-il maintenant ? Est-ce le
prélude à un roman ? En tout cas, il y a matière à y
réfléchir car les pistes sont innombrables et l’idée de base
solide !


Récapitulatif

1 – À rebours
2 – Cours
3 – Souhait de temps
4 – Le choc
5 – Viande fraîche



Merci à tous !

Concours de nouvelles & appels à textes V

   Petite note d'information sur ce qu'il se passe sur la toile en terme de concours et d'appel à texte en ce mois d'octobre 2012. Il est vrai que je n'ai pas rédigé de billet sur ce sujet là depuis quelques temps déjà, bien qu'il n'y ait pas grand chose à se mettre sous la dent je vais tenter de me rattraper un peu. Passons ce petit écart de culpabilité et rentrons directement dans le vif du sujet.


  - La revue Etherval propose un appel à texte en vue de publication basé sur le thème suivant : "La mer". Il n'y pas vraiment de restrictions au genre, peu importe l’époque où se déroule l'histoire, elle doit juste obligatoirement appartenir aux trois genres littéraires que composent la SFFF. Une limite de 39.000 caractères est tout de même imposée, à 8% près. La date limite de dépôt est le 15 novembre  "La Mer, invite à plus de respect qu'à paraître un simple décor à votre histoire. Nous vous recommandons de la considérer non comme une simple passagère de troisième classe, mais bien comme l'une des actrices principales du récit. Puisse les alizés vous souffler l'inspiration."

  - Babel, la Ghilde des Mondes, recherche des récits originaux mais aussi des illustrations pour son troisième ouvrage collectif : Studio Babel. Le thème retenu ici est : En avant Mars ! Vous avez jusqu'au 15 novembre pour rédiger une ode, un récit, un poème de 15.000 signes maximum, en hommage à la planète rouge, à son mystérieux passé ou bien encore à sa future colonisation. Le reste des informations, ou pour vous inscrire au forum c'est par ici :
http://babel-lgdm.forumpro.fr/

   Voilà des concours assez sympathiques qui vous laissent tous les deux un bon mois pour vous atteler à la tâche. Concernant la science-fiction pure et simple c'est vrai qu'il n'y a pas foule au portillon. Et les thèmes sont toujours très larges pour permettent aux autres styles et sous genres de prendre place au jeu. Même si les concours et autres appels à texte restent un très bon moyen pour développer l'écriture en s'imposant des règles, de la discipline, le meilleurs moyen d'y prendre du plaisir est encore d'écrire pour soi, simplement ce qui nous passe par la tête où encore rédiger le rêve qu'on à fait la veille. Personnellement, j'ai beaucoup travaillé cette dernière pratique. Cela permet de s'exercer sur deux plans différents, deux univers intimement liés. De mettre en exergue la loufoquerie de notre imaginaire en tentant de le rendre plausible, ce qui à pour double effet : un considérable gain de mémoire et une auto-analyse non négligeable. Après tout l'imaginaire est partout, en chacun de nous, parfois latent, parfois enivrant mais toujours significatif.

Dessine-moi un mouton électrique (2/2) : Les pochettes de notre enfance

--> 1ère partie : Le monde de Tim White

   Ah l'odeur si particulière vanille et moisie d'un vieux livre récupéré au fond d'un carton ou acheté dans une bourse aux livres. La texture parfois collante due à la poussière qui avec le temps c'est littéralement fossilisée avec la couverture. Et parfois, une illustration à deux doigts de passer dans le kitch, avec ses couleurs criardes et ses grossiers visages difformes. Mais voilà c'est exactement tout ce que j'aimerais défendre dans cette deuxième partie de chronique destinée aux oeuvres graphiques de la science-fiction. Ces chères illustrations qui sont à l'origine même de nos souvenirs les plus enfouis. Quand l'on tente de se souvenir d'une histoire lue par le passé ne visualise-t-on pas en premier lieu la couverture ou du moins ses formes, ses couleurs ? Comme s'il s'agissait d'elle et non de l'histoire qu'elle contient. L'illustration est donc aussi utile que le résumé de l'histoire, voire plus. Mais chaque lecteur associe la couverture et le texte de manière totalement différente. Et si le verbe "associer" dans la précédente phrase semble péjoratif, comme pour définir une situation incontrôlable où notre esprit aurait tendance à se focaliser bêtement sur la pochette d'un livre créant en nous un amalgame de trois sentiments différents : de l'attirance, de la curiosité ou de l'aversion ; il donne aussi un bon coup de pouce aux lecteurs dont l'imagination se trouve moins fertile. Mais comme tout art, le genre et la tendance ont évolués. A l'heure où les illustrations se noient dans la masse, trop communes et pas assez originales pour attirer l'oeil d'un lecteur averti. Trop photoshopées, retouchées, retournées pour avoir une vraie identité. Mais il y a autre chose, une autre variable à prendre en compte, c'est le ton employé (le trait, les couleurs).

   Ce qui m’intéresse ici ce sont les pochettes de romans de science-fiction populaires et par extension de fantaisie (au format livre de poche "j'ai lu"). Voici quelques collections classées par illustrateurs de manière à pouvoir faire le lien entre les différentes oeuvres. 

- Hubert de Lartigue, illustrateur français né en 1963 à angers. Il débute sa carrière en peignant de la S-F et des pin-up pour des magazines. Aujourd'hui il s'oriente plus vers le photoréalisme. 



- Michel Whelan, né en 1950 en Californie et un peintre illustrateur de science-fiction et d'heroic fantasy. En 1993 il réalise aussi la pochette de l'album "Bat Out of Hell II: Back Into Hell" du groupe de hard-rock "Meat Loaf ".





- Philippe Cazaumayou (Caza), illustrateur et scénariste français né en 1941 à Paris. D'abord graphiste publicitaire il se consacre en 1980 définitivement à la science-fiction en travaillant avec : "J'ai lu SF", "Métal Hurlant" et "Les Humanoïde Associés".


La légion de l'espaceAbzalon
        A la poursuite des Slans         Le cycle de Tschaï


- Tibor Csernus, né en Hongrie en 1927. Il étudie les beaux-arts avant de partir s'installer en 1964 à Paris. 

Le monde des AAu bout du labyrintheAlien : Le huitième passager       2001 l'odyssée de l'espace



- Wojciech Kazimierz (Wojtek) Siudmak, peintre d'origine polonaise né en 1942, il vit aujourd'hui en région parisienne. Il est à l'origine d'une bonne centaine d'illustrations de fantasy et de science-fiction. Et vous devriez sans mal reconnaître l'une de ces pochettes.  



   Voilà un bref petit tour d'horizon des couleurs qui ont bercé la science-fiction (en France) ses 30 dernières années. Les pochettes ne sont pas toutes représentatives des oeuvres présentées car beaucoup d'entre elles se sont vues rééditer à plusieurs reprises, popularité oblige. Mais ce qui importe c'est le message transmit au lecteur. Si l'illustration de romans policiers, de thrillers psychologiques ou de tout autre style littéraire repose sur une scène, un personnage, quelque chose de facilement déchiffrable, la S-F à quant à elle beaucoup plus de choses à faire passer par la première de couverture. Le but étant d'attirer la curiosité des lecteurs, voire de littéralement les noyer dans un complexe rituel empli de questions existentielles. Mais la S-F ne répond pas aux questions existentielles, elle ne fait que nous montrer une nouvelle façon de se les poser. 

Dessine-moi un mouton électrique (1/2): Le monde de Tim White

   Que serait un roman sans son illustration ? Le premier regard porté sur la couverture d'un livre bride-t-il notre imaginaire en nous empêchant de lire le contenu avec moins de liberté ou au contraire participe-t-il à une meilleure mise en place du monde dans lequel l'on s'immerge ? La science-fiction (et le fantastique) est de loin le style littéraire qui demande le plus de précision et de détails pour que le lecteur puisse au mieux appréhender l'histoire qu'il va découvrir. Néanmoins, comme pour tous médias assujettis à sa présentation visuelle, le premier contact peut aussi rebuter la personne, qui reposant le livre à son point d'origine n'aura même pas pris le temps de lire le résumé. Ou quand l'illustrateur pénalise l'auteur. L'effet inverse est nettement plus frustrant pour le lecteur, mais ce n'est pas parce que l'on n'aime pas une oeuvre qu'elle est forcement mauvaise.

   Dans cette première partie de chronique, je voudrais mettre en avant un artiste illustrateur nommé Tim White qui a beaucoup contribué, dans les années soixante-dix, à rendre des oeuvres de science-fiction plus vivantes et à imaginer ce que bon nombre d'auteurs, de réalisateurs ne pouvaient pas concevoir par manque d’inspiration. 
   Tim White fait partie de ces artistes au trait si particulier, mélange de délires oniriques et de visions technologiques aux détails si fins que l'on en aperçois qu'une infime partie à première vue. A l'instar d'une histoire dont les descriptions sont si précises et parsemées que l'on découvre de nouveaux endroits à chaque relecture. Ce qui fait la force d'une histoire repose principalement sur les facultés que possède l'écrivain à exprimer et présenter son univers. 


Ship - Tim White
Ship 
   Parfois un dessin fait beaucoup plus que simplement illustrer une histoire. A l'époque, où bon nombre de progrès extraordinaires ont vu le jour et ou la tendance pouvait passer du plausible à l'improbable, la science-fiction et ses représentations graphiques profitèrent largement au développement technologique. Un exemple célèbre est celui d'Arthur C. Clarke, qui décrivit dans un roman en 1945, le principe de satellite pouvant servir de relais de télécommunications. Et le 18 juillet 1962, la réception de la première Mondovision grâce à ce système imaginé 17 ans auparavant.


A Scent of New-Mown Hay - Tim White
A Scent of New-Mown Hay


   Tim White est né en Angleterre en 1952. Dès son plus jeune âge il veut devenir illustrateur et, en 1968 il rentre au "Medway College of Art" pour suivre un cours d'illustration générale. Évoluant par la suite dans un milieu commercial il commence à développer un style personnel, sur lequel l'on retrouvera déjà une empreinte fantastique.
   En 1972, Tim arrête les études et poursuit sa vie professionnelle comme illustrateur pour la publicité. Se faisant repérer assez rapidement de part son style graphique marginale, il trouve par la suite satisfaction dans des commandes privées qu'il reçoit dans le domaine de la science-fiction et du fantastique. 
   Puis en 1974 il reçoit sa première commande de couverture pour le livre d'Arthur C.Clarke "The Other Side of the Sky"(ci-dessous), ce qui le projette dans une nouvelle vie d'illustrateur indépendant. 
   Aujourd'hui l'on retrouve ses oeuvres un peu partout : pochettes de disques, illustrations de revues, commandes privées, films.


The Other Side of the Sky

   Passant du fantastique à la science-fiction parfois perdu dans l'abstrait ou la symbolique d'une scène salvatrice mélangeant agréablement certain objet de la vie de tous les jours avec des environnements spatiaux, peignant des paysages aussi beaux qu'intrigant en partant du principe que les détails et les organismes étrangers doivent y être le plus harmonieux possible, Tim White est une sorte de visionnaire optimiste. Il peint parfois en s’arrêtant insolemment sur la ligne invisible qui sépare le concevable de l'imaginaire. Il peut nous présenter des choses communes et peu intéressantes sous de toutes nouvelles formes, nous amenant à croire que nous étions jusqu'à présent dans l'erreur concernant l'identité originelle de l'objet. Il détourne notre attention pour mieux nous percuter. Mais c'est précisément pour cela que ses dessins sont touchants, sans repères familiers une oeuvre ne pourrait pas nous atteindre. Je vous laisse apprécier quelques-unes de ses oeuvres tirées du livre "La science-fiction et le fantastique de Tim White". Cliquez dessus pour les agrandir.

 The Dark Side of the Sun - Tim White
                         City of the Beast                                     The Dark Side of the Sun

 Gather Darkness  - Tim White Revolt in 2100 - Tim White                                   
                    Gather Darkness                                        Revolt in 2100

Space Cracker - Tim White
Space Cracker
                                                                       

  Thorns - Tim WhiteLion Game  - Tim White
                            Thorns                                                    Lion Game                

  Il n'y a pas (ne doit pas avoir) de limite à l'imaginaire et ce "Space Cracker" (plus haut) en est la preuve. Pourquoi s'en arrêter là alors ? Qu'y a-t-il au delà de cette barrière de restrictions morales et intellectuelles ? Peut être qu'au niveau supérieur se situe l'abstrait, quoi qu'il en soit toutes ces pochettes, jaquettes et autres Artworks  n'ont pas fini de nous faire rêver. Finalement, les seules restrictions de notre imaginaire sont celles que l'on s'impose. Si en regardant le dessin "Lion Game" vous vous demandez pourquoi cette créature n'a pas de pattes postérieurs, alors elle n'en aura probablement jamais.
  
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Bernard Werber : Ses nouvelles prédictions

   Après avoir été emporté dans le royaume infiniment petit qu'est celui des "Fourmis" au travers de cette non moins connue trilogie éponyme, nous vantant les mérites d'une communauté d'insectes parfaitement organisés, insinuant au lecteur que la race à laquelle il appartient ne leur arrive, de loin, pas à la patte. Après avoir voyagé sous forme d'ectoplasme jusqu'au firmament avec comme seule assurance vie un cordon ombilical reliant mon ombre voyageuse à mon corps volontairement dévitalisé dans l’intérêt d'un nouveau genre de tourisme "paradisiaque", très mal vécu par Saint Pierre dans "Les Thanatonautes". Et enfin, pour ma part, après avoir lu différentes versions de son "Encyclopédie du savoir relatif et absolu" afin d’engranger un maximum d'informations, de faits scientifiques, d’anecdotes parfois sans intérêts mais qui sont si chères à cet auteur, Bernard Werber. J'ai encore deux choses à accomplir  : Lire tous ses livres depuis "Le père de nos pères" parut en 1998 et attendre patiemment la sortie de son nouveau roman intitulé "Troisième humanité" qui sortira le 3 octobre prochain. 




   Au bout de deux ans ans d'écriture et plus de vingt ans après le commencement du premier tome de la trilogie des Fourmis, Bernard Werber nous pond son 21ème roman. Auteur devenu populaire dans les années quatre-vingt-dix, en partie grâce à son imaginaire suralimenté par une insatiable curiosité du monde qui nous entoure et sa capacité à faire évoluer, dans ses histoires, des protagonistes lambda au travers desquels chacun peut facilement s'identifier. Werber a largement contribué à la popularisation de la littérature fantastique - et de science-fiction - qui en France, selon moi, était jusque-là un peu trop timide ce qui n'était pas pour déplaire à une nouvelle communauté, alors en pleine démocratisation, celle des geeks. 

   Tout est possible, même sur "L'arbre des possibles", créez votre propre scénario et alimentez une base de données communautaires. En attendant la sortie de "Troisième humanité" le 3
octobre 2012, réfléchissez déjà à quoi pourrait ressembler la deuxième !

Décadente apocalypse

   Après vous avoir présenté un article sur l'évolution de l'homme et de son habitat je me penche sur une date qu'on a à peu près tous en tête. Un date rendue célèbre par les médias, les scientifiques, les croyants ; une date qui pourrait faire sourire le plus cartésien d'entre nous ou effrayer toute autre personne plus ou moins sensible aux phénomènes d'intoxications sociales. Même s'il est tout à fait légitime que tout un chacun résonne différemment sur ce sujet - car je ne suis pas là pour envenimer les idéaux d’autrui - un article sur cette date butoir me semble avoir tout à fait sa place sur "Les écrits philotique", et en deuxième lieu pour éclaircir un autre point, non moins important : l'évènement astronomique qui y est lié. Cette date est (sera) le 21 décembre 2012.  



   Alors que des centaines d'articles sur le sujet ont vus le jour sur la toile, apportant polémiques, mises en garde, études complexes et désinformations, voilà qu'aujourd'hui le sujet est presque déjà clos. Comme s'il n'y avait plus rien à dire (ce qui n'est pas entièrement faux), comme si l'on attendait patiemment ce jour, profitant de la vie de manière totalement normale, dans un profond silence. Alors qu'en amont, le système à su exploiter crapuleusement cette prophétie en injectant de la terreur dans le réseau, visant les plus crédules d'entre nous, les poussant inexorablement vers une consommation préventive, je ne suis pas sûr que cela ait vraiment suffit à semer la panique. Pourquoi alors vouloir semer la panique en se basant sur des récits séculaires dont les interprétations restent approximatives ? Pour se protéger d'une mystification en brassant du fric. Bien que je ne sois vraiment pas un expert en science humaine et sociale j'ai quand même l'impression que 99.9 pour-cent de l'humanité se contrefout éperdument  de "La fin du monde". Car au fond que cela soit une mascarade ou le début d'une ère nouvelle, il n'y a pas de différence, chacun se complaît à vivre de la même manière, laissant une partie de leur subconscient étudier le phénomène sournoisement, ou décochant ladite date au sein d'une banale discussion et avec ironie. 





   La première des choses à savoir c'est que les prophéties apocalyptiques sont devenues monnaie courante depuis la chute de l'empire romain, plus de 150 annonces ont été proclamées en 1500 ans alors que nous sommes toujours là. Plus récemment, rappelez-vous, le bug de l'an 2000, un autre exemple des conséquences directement liées à la peur. Là en l’occurrence, une peur directement bâtit sur un potentiel dysfonctionnement des réseaux informatiques, que nous avons créé. Et plus tôt un certain Nostradamus avait écrit ces quelques lignes annonçant la fin des temps le 11 août 1999 :

X,72 

L’an mil neuf cent nonante neuf sept mois 

Du ciel viendra un grand Roy d’effrayeur 

Ressusciter le grand Roy d’Angolmois 

Avant après Mars régner par bonheur. 
   En ce qui concerne le 21 décembre 2012, il s'agit de multiples interprétations de l'antique calendrier Tzolk'in de la civilisation Maya selon lesquelles le calendrier s’arrêterait à cette date ou présenterait un évènement majeur dans le cycle terrestre qui causerait la fin du monde. Mais d'autres études ont démenties le fait que ce calendrier aussi complexe soit-il ne s’arrêtait pas le 21 décembre 2012 mais continuerait jusqu'en 2116 ou 2220, selon les recherches. Est-ce que les Mayas étaient des surhommes au point de pouvoir prédire l'avenir, et est-ce que nous sommes assez qualifiés pour pouvoir prétendre comprendre ce qu'ils ont durement établi ? Je ne pense pas que cela justifie la fabrication d'un abri antiatomique dans son jardin. Quoi qu'il en soit, libre à chacun de se faire sa propre opinion là-dessus. Je ne m'oppose ni aux croyances, ni aux convictions. 

   Le deuxième point lié à cette date relate d'un phénomène astronomique, un évènement qui n'est ni exceptionnel, ni dangereux pour notre santé, je parle là d'un alignement planétaire sur le centre galactique alias "le plan elliptique". Alignement que l'on peut observer sur n'importe quelle carte du ciel en ligne. Mais l'astrophysicien Neil deGrasse Tyson retorqua avec humour lors d'une conférence, ceci :



«Si on se projette au 21 décembre 2012 et qu’on regarde les cartes stellaires, [on voit que] c’est vrai: le centre de la galaxie, le Soleil et la Terre seront parfaitement alignés. Ça va se produire, c’est vrai. Mais ce que le site ne vous dira pas, c’est que cela se produit chaque année, le 21 décembre.»




   
   Certains astronomes parlent d'un alignement parfait alors que d'autres se basent sur l'oscillation de l'axe de la Terre appelée "précession" et qui en modifiant son alignement soleil/équateur pourrait créer un bouleversement climatique. La précession est un mouvement oscillatoire de l'axe nord/sud terrestre mettant environs 26.000 ans pour joindre les deux bouts, comme expliqué dans cette vidéo.


   En décortiquant ce fameux plan elliptique, pour en revenir à l'alignement des planètes, on s’aperçoit que c'est une chose très abstraite, une sorte d'indication, une ligne fantomatique scindant la voie lactée en deux, ce n'est pas un objet à proprement parler mais bien une ligne imaginaire sur laquelle repose cette théorie. L'on ne peut donc pas se reposer sur quelque chose de réelle, une interaction entre deux objets bien définis qui mettraient nos vies en danger. De plus, un alignement des planètes se produit tous les ans en décembre et cela n'a jamais engendré quoi que ce soit de néfaste. Coupler ces deux évènements en un, d'un côté les sombres prédictions ambiguës d'un calendrier Maya et d'un autre, l'extrapolation d'un évènement astronomique presque commun pour parfaire les idées reçues sur la fin du monde était bien pensé mais reste tout de même peu crédible.

   Pour finir cet article je vous propose un plan trouvé sur la toile. Si jamais l'envie vous prend de vous enterrer dans le jardin le 21 décembre 2012, il vous reste encore un peu de temps pour vous atteler à la fabrication d'un abri antiatomique. Pensez aux commodités et à la connexion internet, on ne sait jamais.