Idéal architectural ou perte de temps ?

   L'homme n'est pas sans savoir qu'il sera un jour confronté à quelque chose de difficilement maîtrisable. Un dysfonctionnement climatique ou une catastrophe d'une envergure beaucoup plus dramatique. Qu'il le veuille ou non, il devra un jour faire face à un retournement de situation l'obligeant ainsi à : soit s'exiler sur une autre planète (ce qui à l'heure actuelle et dans la mesure ou cela se produirait, est peu envisageable), soit s'adapter à son nouvel environnement au risque de voir la population mondiale régresser. Bien sûr, cela est déjà bien ancré en nous et chacun en connait les raisons pour avoir été sensibilisé à l'école primaire. Notre société de surconsommation infatigable, les conflits géopolitiques ancestraux et la perpétuelle modification non naturelle du biotope terrestre transformeront très probablement notre doux foyer en une boule de feu incandescente. 
   
   Mais ce ne sont pas ces quelques lignes qui changeront quoi que ce soit, qu'importe les questions que l'on peut se poser, le résumé que je viens de faire sur l'état des lieux de la planète Terre représente aussi la veine principale de nombreux romans de science-fiction. La vision pessimiste de Philip K.Dick, les progrès technologiques de substitut sur fond de rédemption d'Arthur C.Clark  et autre Jules Vernes ont tous apporté une pierre à l'édifice en rendant des choses, à l'époque impensables, aujourd'hui potentiellement réalisables et pour certaines déjà acquises. Le problème actuel étant que nous sommes de plus en plus redevable ; pour exemple depuis le 22 août 2012 nous avons déjà consommé plus d’énergie que la Terre ne peut en produire. Ce jour funeste est appelé le "Global Overshoot Day" et chaque année il arrive un peu plus tôt. 

   Alors que d'autres têtes pensantes : architectes modernes, artistes peintres, ingénieurs, font des pompes de synapses en proposant des projets utopiques mais foutrement bien pensés, sous le regard penaud des promoteurs fauchés. Ceux-là ont bien raison, j'ai envie de dire. Ils leur font part d'attirants compromis entre l'homme et la planète ou leur montre tout simplement leur point de vue, quoi qu'il en soit l'intention est toujours de viser un idéal architectural, un nouvel Eden en somme. Augmenter les espaces verts, voire les surélever pour gagner en place. Développer des cités autosuffisantes, recyclant ainsi l'eau, l'air, les déchets. Le tout transitant, dans un battement régulier, de la source au citoyen et du citoyen à la source.  Un paradigme technologique et social tellement bien huilé qu'il honorerait à juste titre Gaïa, la déesse mère. Mais avant de l'honorer nous avons dû la souiller. 

Voici quelques-uns de ces projets tout droit sortis des plus grands cabinets d'architectes internationaux. Aussi farfelus soient-ils, ce qu'il faut se dire c'est que d'autres projets comme ceux-ci, un poil moins extravagants ont déjà vus le jour ici et là. Je reste admiratif devant ces colosses écologiques et ces cités autosuffisantes mais en ce qui me concerne je vote pour le voyage interstellaire. Fan de "Space-opera" oblige ! 


Floating Observatories
Floating Observatories
    Inspirés par la forme de feuille de l'île de Taïwan, les architectes ont développé le concept d'un arbre technologique multifonction. Pas très écologique à première vue. 



Lilypad - Vincent Callebaut
Lilypad
Vincent Callebaut a imaginé ces villes amphibies et autosuffisantes qui permettront en 2100 de faire face à l'augmentation de la masse des eaux des océans. Une ville comme celle-ci devrait pouvoir accueillir 50.000 habitants.


Gwanggyo Power Centre
Gwanggyo Power Centre
Une ville écologique qui sera construite à 35 kilomètres au sud de Seoul. D'après le projet, la ville sera autosuffisante, constituera un modèle architectonique efficace et pourra accueillir 77.000 habitants.


Sky-Terra - Joanna Borek-Clement
Sky-Terra
Le manque d'espace vert ne sera plus un problème dans les grandes métropoles grâce au Sky-Terra de Joanna Borek-Clement. Une toiture supplémentaire recouverte de verdure et de voies pour les cyclistes et les voitures électriques. 

Zira Zero Island Masterplan - Île de Zira
Zira Zero Island Masterplan
Voici 1.000.000 m² de terre ferme consacrée au développement d'un centre de vacances "carbone neutre" autosuffisant et d'une zone residentielle sur l'île de Zira dans la mer Caspienne. Le paysage architectonique se calque sur le paysage naturel d'Azerbaïdjan en créant un écosystème autonome. 
Vertical City
Vertical City
Au Venezuela, une tour de haute densité a été imaginée dans le but de redonner de la valeur au terrain. L'édifice devrait être dynamisée par des technologies durables. 

   Des centaines de projets comme ceux-ci sont imaginés chaque jour. Et il est fort probable que certain y verront le jour. Mais une chose est sûre, la nature est bien au-dessus de tout ça. Il n'y a rien que l'on puisse anticiper, cela reste tout juste de la prévention. Après tout, cela en vaut-il vraiment la peine ?
  Sur cette dernière question complètement fataliste, je vous laisse imaginez ce que sera Demain. 

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