Émincé d'humains aux champignons

Au commencement   


L’intérieur de Rama
Parlons un peu de colonisation et d'histoires se déroulant dans l'espace et plus précisément dans des vaisseaux spatiaux dont la taille et bien souvent cyclopéenne et qui se déplacent généralement   grâce à  une technologie aussi complexe et remarquable que l'architecture même du bâtiment, oui parlons de tout ça. Ou peut-être devrais-je nommer l'un de ces mastodontes de l'espace : Rama, Papillon des Etoiles, Fusée Cosmique, Citadelle. Le rapport entre ces noms de vaisseau est aussi fort que la curiosité de l'homme pour l'espace. Quant à la science-fiction, elle a su traiter ce sujet-là, en l’occurrence la colonisation spatiale, maintes et maintes fois avec pour la plupart des récits une vision technologique avant-gardiste non négligeable. 
   
   Nous avons tous rêvé un jour de pouvoir faire partie de l'équipage d'un vol spatial habité. Mais l'entrainement est long et fastidieux et d'ici à ce que le tourisme de l'espace soit accessible financièrement il est préférable d'ouvrir un livre à la page : Les Hommes de l'espace. Et c'est exactement de cette manière là que m'est venue l'idée de mettre en corrélation toutes ces histoires d'odyssées spatiales. Quelles qu'elles soient et peu importe ce qui en découle au bout du voyage, quelque chose ne diffère que très rarement de l'une à l'autre histoire, l'Homme. Et plus précisément son besoin de tout contrôler, causalité due à son attirance paradoxale pour la mort et la destruction. Chaque auteur le traite d'une manière différente, mais l’équilibre (le déséquilibre)  reprend forme comme une fatalité. Que seraient les Elois sans les Morlocks ? Juste des Elois. Rapport utopique pour une vie sans saveurs. Qu'est ce qui est juste ? La psychologie du Yin et du Yang est-elle universelle ?

Le point lecture

2006, Albin Michel
   Je disais donc que c'est exactement ma dernière lecture qui m'a donné envie d'écrire ces quelques lignes, à savoir "Le Papilon des Etoiles" de Bernard Werber et parut en 2006. Mon rapport avec ce livre a été immédiat quand j'ai réalisé quel était le projet humain dont il était question. Bâtir un énorme vaisseau capable d'abriter une quantité conséquente d'êtres vivants et partir à la conquête des étoiles pour fuir la Terre d'une menace imminente. Le vaisseau étant longiligne et tournant sur lui-même afin de recréer une gravité proche de celle de la terre tout comme Rama, le vaisseau imaginé par Arthur C.Clarke et sa saga éponyme de science-fiction à la dure (Hard-science). Rama est un vaisseau cylindrique monochrome mesurant quelques trente kilomètres de longueur, à peu de choses près la taille du Papillons des Etoiles et qui abrite en son sein toute une peuplade d'individu plus cocasse les uns que les autres. La seule grosse différence entre ces deux laboratoires géants c'est que l'un est d'origine humaine alors que l'autre (Rama) ne l'est pas.

Le Papillons des Etoiles par Moebius
   Bernard Werber n'étant pas que un écrivain de science-fiction, j'ai été agréablement surpris par le ton narratif assez léger du bouquin, quoique un peu court il n'en est pas moins riche en action. Le seul vrai bémol que je lui reproche ce sont les ellipses qui y sont légions. Les chapitres étant assez courts, Werber ne s'attarde pas sur les épisodes intra-papillonesques - l’évolution d'un gouvernement, la naissance de gang, les maladies, l'insalubrité, les problèmes de rationnement, l'oxygène, l'anxiété, la folie etc - là où Arthur C.Clarke remplit allègrement des centaines et des centaines de pages. Ce qui fait la force du Papillons des Etoiles : l’évolution d'une humanité qui se retrouve enfermée (volontairement) dans un vaisseau dont la stabilité reste en partie douteuse et la pérennité des actes des créateurs originels du Papillon des Etoiles que l'on va pouvoir suivre sur tout un millénaire. En passant par les premiers enfants des étoiles ainsi que par la lente transformation des faits historiques en légendes. Cette mixture de vie et de mort, de guerre et de paix, rend en réalité le vaisseau très faible contre les menaces extérieures, elle en fait même un appétissant garde-manger ambulant pour d'éventuels extraterrestres affamés passant dans les parages. 

Puis vinrent les ténèbres 

   En vérité, pour qu'un projet de la sorte se déroule sans encombres, pour que tous les hommes et toutes les femmes puissent vivre en harmonie enfermés dans un monde de métal où le jour et la nuit n'ont qu'une signification cyclique, vestige d'un ancien monde sur lequel l'on s'est cru tout permis et qui nous a habitué à avoir froid la nuit, il faudrait que nous soyons tous lobotomisés. Avons-nous déjà seulement pensé - à grande échelle - de la même manière que si nos sept milliards de cerveaux étaient interconnectés en une seule et même entité, à notre propre sauvegarde. Non, je ne crois pas, ce sentiment, s'il en est un et encore beaucoup trop individualiste. Alors pour qu'un scénario de colonisation interplanétaire puisse se dérouler sans écueils il faudrait soit que l'on ait fait nos preuves durant une sorte d'épreuve mondiale de cohabitation soit que l'on s'inspire d'un mode de vie au juste équilibre, un peu comme les Éloïs de H.G Wells : chétifs, décérébrés et blonds platine. 

"Le dernier espoir, c'est la fuite " Bernard Werber

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