Le festival international du film fantastique de Gérardmer 2014

   J'ai donc pu cette année et pour la 4e fois en tout m'évader quelques jours dans une petite bourgade des Vosges afin d'assister à son 21e festival du film fantastique. Ici à Gérardmer ce n'est pas bien grand mais suffisamment pour accueillir toute une populace de festivaliers, un jury complet et pour faire tourner non-stop les quatre salles de cinéma de la petite ville. Quatre salles qui ne sont vraisemblablement pas du tout égales que ce soit en taille, confort, ainsi qu'en ordre de priorité, en d'autres termes il faut adapter son planning et ne pas avoir peur d'attendre une heure avant chaque film, qu'il pleuve ou qu'il vente. Il y a donc dans un ordre croissant de confort : le Casino, l'espace Lac, Le MCL et le Paradiso.



   Le festival mélange les genres. Les films fantastiques étant le plus souvent en majorité, les films d'horreur ont aussi leur place ainsi que la science-fiction, même si celle-ci se fait beaucoup plus timide. Après m'être rendu à l'espace tilleul pour acheter mes pass je fonce en direction de l'espace Lac pour assister à la projection du premier film en compétition de la journée. Et la suite va s'enchaîner très rapidement.


Dark Touch | Marina de Van | France, Irlande, Suède 

     Une petite fille plutôt tourmentée semble posséder des pouvoirs télékinétiques qui se déclenchent lorsqu'elle ressent de fortes émotions. L'image est très monochrome, mais plutôt de bonne facture. Quand l'histoire prend place l'on se rend vite compte que tous les éléments du scénario s’enchaînent chromatiquement afin de créer un contexte qui fera pleurnicher la petite Neve. Aucune surprise de ce côté-là. Le spectateur est laissé pour compte et Neve continue d’extérioriser sa tristesse sur les objets et meubles qui l'entourent tuant au passage les malheureux se trouvant là. Le final est décevant et monté à la hache et à la colle UHU. J'ai voté moyen. 



All Cheerleaders Die | Lucky McKee & Chris Sivertson | USA


   Remake du même film réalisé par les mêmes réalisateurs en 2001. Les pom-pom girls du Blackfoot High, de jeunes et jolies fleurs dévergondées, maintiennent une fragile relation avec l'équipe de football américain du lycée. Mais quand Mäddy Killian, une fille plutôt bornée décide de les rejoindre la tendance va plutôt s'inverser. Au menu,  magie noire, sorcières et morts-vivants, des scènes plutôt lourdingues, mais parfois amusantes et un casting pas trop mauvais pour un teen-movie qui manque cruellement de bons goûts. (film hors compétition)


Rigor MortisJuno Mak  | Hong Kong

   Ce jeune réalisateur né à Hong-Kong nous pond ici une bouillabaisse asiatique complètement délurée et riche en saveurs horrifiques. On y croise de tout dans ce vieux HLM en béton, des fantômes, des zombies et même un vampire. Des influences directement repiquées des vieilles pellicules de films de fantômes chinois des années 80. Une surenchère qui ne laisse aucun répits au spectateur. Si la réalisation et l'exotisme y sont très soignées ce film n'aura créé chez moi qu'un blocus émotionnel. J'ai voté mauvais.


Mindscape | Jorge Dorado | Espagne

   
   Si cette petite surprise hors compétition ne m'aura pas coupé le souffle elle aura au moins eu le mérite de me faire vivre un bon moment de cinéma. A mi-chemin entre Inception de Nolan et Trance de Danny boyle (le budget en moins) le scénario teinté de floue artistique et d'images subliminales nous tient en haleine jusqu'aux cinq dernières minutes. Le piège aurait été que la narration de cette histoire d'hypnose et de subconscient soit illisible et tarabiscotée et que les acteurs en pâtissent au point de rendre le métrage impénétrable, fort heureusement il n'en est rien. 


Miss Zombie | Sabu | Japon 

   Comment vous parler d'un film qui à l'heure où j'écris ces quelques lignes a été récompensé par le Grand Prix du festival et qui est à la fois le 2e film durant mon séjour pour lequel j'ai voté mauvais ? Ce film conceptuel nous présente le train-train quotidien d'un ménage à trois en plein nécrose. En effet, un couple aisé de provinciaux japonais décide de se "procurer" une jeune femme mort-vivante afin de lui octroyer des tâches ménagères simples, dont gratter inlassablement à l'aide d'une brosse une placette entourée de murs en ruine (à quoi bon). L'image, non contente d'être hyper répétitive et cloisonnée, est aussi en noir et blanc. Ce dernier détail ne m'a présenté aucun intérêt supplémentaire si ce n'est de me faire dire "ah c'est en noir et blanc" ! Aussi ennuyeux que les protagonistes eux-mêmes. 


Tombville | Nikolas List | Belgique

  Sans nul doute le film le plus raté des sorties 2013. Une soupe grotesque d'images occultées par du vide au milieu d'un brouhaha clownesque névrosé. Un type perd la mémoire et se retrouve perdu en pleine forêt. Une forêt habitée par une bande de paysans grotesques qui ne savent pas ce qu'est un téléphone puis la scène d'après, en fait si ... Vivement que ce film hors compétition se termine me suis-je dit. 


The Last Days on Mars | Ruairi Robinson | Uk, Irlande



  Les dernières 24 heures mouvementées que vont vivre des scientifiques postés sur Mars. A bord de la base Tantalus de la première mission habitée, un chercheur va faire une découverte surprenante. Voilà le film en compétition qui aurait dû être primé et je ne dis pas ça parce que le scénario comporte des éléments de science-fiction, non mais bien parce que ce film fonctionne. Il est prenant, haletant et juste efficace. Il y a certes des choses à redire, mais à ce moment là du festival il me parut adapté de la fermer et d’apprécier les dernières images en 24fps de mon séjour. Un dernier film que j'ai noté excellent, sans surprise.


La lac de Gérardmer

   Je suis très déçu de la programmation et de l'organisation de cette année et encore plus du palmarès. Sans parler du fait que les tarifs augmentent aussi chaque année. Mais il est toujours agréable de partager sa passion  pour le cinéma de genre avec les festivaliers qui subissent le même sort que vous dans les files d'attente ou dans le chahut agréable et contrôlé des salles. Et si l'année prochaine je dois à nouveau y participer, je ferai sûrement les quatre jours complets et avec un peu de chance l'édition numéro 22 sera un millésime. 

Aurélien